Déclaration du Secrétariat de l’Africa Progress Panel en réponse à la Déclaration du G8 au Sommet de Deauville
1 Jun 2011L'Africa Progress Panel (APP) a suivi de près les activités du G8 cette année, et se réjouit de l’accent mis sur l’Afrique au Sommet de Deauville. Le Président Sarkozy nous a assuré en février 2011 que l’Afrique ferait partie intégrante de l’agenda de la présidence française du G8, et nous sommes heureux de constater aujourd’hui le renouvellement des engagements et des partenariats en faveur de l’Afrique exprimés à Deauville, en particulier dans la Déclaration du G8 (Un nouvel élan pour la liberté et la démocratie) et la Déclaration conjointe G8-Afrique (Des valeurs communes et des responsabilités partagées). Le Panel se félicite que le G8 ait souligné la notion de « responsabilité partagée » et l’importance de « résultats » concrets et observables.
En réponse au Sommet de Deauville, l’APP approuve l’engagement fort en faveur de la démocratie et de la liberté, qui résonne tout particulièrement aujourd’hui. En particulier, l’APP étudie les relations entre ces notions et les notions de gouvernance et de développement du continent. A cet égard, nous accueillons très favorablement l’engagement du G8 vis à vis de l’Egypte et de la Tunisie, à hauteur de 20 milliards de dollars en 2011-2013 « en soutien aux réformes qui s'imposent», financés conjointement par les banques multilatérales de développement, dont la Banque européenne d’investissement 3,5 milliards d’euros. Nous espérons que cette promesse sera tenue dans la transparence et efficacement suivie.
Concernant la situation économique mondiale, l'APP a toujours soutenu que l'Afrique doit faire partie de la solution. L'APP se félicite que le G8 reconnaisse le développement comme «un défi commun», la Déclaration du G8 soulignant particulièrement que « l'objectif est de s'appuyer sur la dynamique positive de l'économie africaine pour atteindre une croissance plus inclusive, partagée et durable, permettant de créer des emplois, d'assurer la sécurité humaine, et d'offrir des opportunités à tout un chacun, en particulier à la jeune génération ».L'APP croit que les conditions nécessaires pour relever ce défi sont, en premier lieu, de permettre à l’Afrique de négocier sur un pied d’égalité avec ses partenaires internationaux et en second lieu de conclure les négociations de Doha. Nous sommes encouragés par la réaffirmation de l’engagement du G8 « en faveur du processus de libéralisation du commerce et d'édiction de règles pour renforcer le système multilatéral», et nous espérons voir très prochainement des actions concrètes dans ce domaine. Les membres du G8 doivent ensemble créer une dynamique en faveur de ces changements vitaux. A propos de l’Aide publique au développement (APD), l'APP est d'accord que « L'APD est un élément-clé pour les pays en développement […] entre autres ressources, notamment les ressources nationales, les financements innovants, les transferts des migrants, et les instruments de marchés utilisés par les banques de développement et les flux privés" et accueille favorablement l’engagement du G8 de maintenir ses efforts en matière d'APD. Cependant, malgré une augmentation globale du volume total d’aide à l'Afrique, seulement 62% des engagements de Gleneagles de 2005 ont été tenus à ce jour. Le G8 n'a pas encore honoré ses promesses et tant que cela durera, la crédibilité de ses engagements sera mise en doute.
Sur la sécurité alimentaire, l'APP apprécie la décision du président Sarkozy de maintenir cette question à l’ordre du jour durant la présidence française du G8, mais il est essentiel que les engagements pris à L'Aquila en 2009 soient respectés. Les pays du G8 et d'autres se sont alors engagés à mobiliser plus de 20 milliards de dollars sur trois ans. À ce jour, selon le rapport de responsabilisation de Deauville, seulement la moitié des sommes ont été débloquées. Une fois de plus, il est impératif que les pays du G8 respectent leurs promesses. La vie de millions de personnes en dépend, et en cas d’échec, la légitimité du G8 sera remise en question.
Obliger les pays du G8 à rendre compte de leurs engagements reste impératif. Le Deauville Accountability Report, publié le 18 mai, qui évalue très précisément l’écart entre l’aide fournie et les promesses dans les domaines de la santé et de l’alimentation, est un pas dans la bonne direction. Toutefois, l'APP rejoint le G8 en reconnaissant que davantage peut être fait pour accroître l'efficacité et la responsabilité des partenaires. Les pays du G8 doivent faire plus à l'avenir afin de définir des engagements clairs, mesurables et réalistes. La confusion et les débats autour du calcul exact des montants de l'aide persistent, ce qui ne contribue guère à résoudre les problèmes de développement sur le terrain. Un meilleur système de quantification des avancées peut mettre fin à ces débats.
Pour que les mesures de responsabilisation fonctionnent et atteignent la crédibilité dont ils ont besoin, tous les acteurs clés doivent être impliqués. Réunir les principaux acteurs de la société civile au sein d’une consultation ouverte serait un solide point de départ. L'APP comprend que les processus pour accroitre la responsabilisation des acteurs sont complexes, mais ne devraient pas servir d’excuse à l'inaction. Comme nous l'avons indiqué dans le rapport sur le Progrès en Afrique 2011, des partenariats peuvent contribuer activement à ces processus. Le G8 et chaque pays individuellement peuvent jouer un rôle crucial dans l'établissement de partenariats fructueux, qui assurent une responsabilisation des acteurs entre eux.
Les partenariats, la responsabilité mutuelle et partagée, sont au cœur de l'agenda du G8 et de son mode opératoire. Il est clair que les objectifs de développement ne seront atteints que par des partenariats équitables. Travailler en partenariat est un moyen non seulement d'accélérer le développement, mais aussi d'inclure de nouveaux acteurs, ainsi que des acteurs non-traditionnels dans le processus développement, de faire jouer les effets de levier entre leurs avantages comparatifs, et de s'appuyer sur leurs connaissances, expérience et importantes ressources.
C'est la raison pour laquelle nous saluons la Déclaration conjointe G8-Afrique, la première du genre, et nous réjouissons de l'intention déclarée du G8 de travailler au « renouvellement d'un partenariat solide avec l'Afrique ».L'APP est heureux de voir dans la Déclaration conjointe G8-Afrique le soutien à l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) et estime que les initiatives de renforcement qui favorisent le développement, comme l'ITIE, constituent des mesures importantes pour consolider efficacement le partenariat G8/Afrique. Nous espérons que ce partenariat ne s'arrête pas à la présente déclaration, et que, reconnaissant la nécessité d'intensifier les efforts « en faveur des moteurs de la croissance économique, notamment le développement du capital humain, l'intégration commerciale régionale et mondiale, l'environnement des affaires, la mobilisation des ressources nationales, et l'amélioration de l'accès aux infrastructures et aux services», le G8, ainsi que les dirigeants africains, prendront les mesures nécessaires pour favoriser les actions concrètes.
Le Panel espère que les États-Unis continueront à développer le partenariat avec l'Afrique, alors qu’ils assureront la prochaine présidence du G8 - conduisant le groupe à honorer tous ses engagements, et s’assurant que des actions concrètes découlent des engagements pris la semaine dernière à Deauville.
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